Le calvaire de deux jeunes homosexuels au Cameroun

Au Cameroun, le ‘délit d’homosexualité’ est passible de cinq ans de prison

Au Cameroun, comme dans 38 autres pays du continent africain, l’homosexualité est un délit. Vendredi 20 juillet, à Yaoundé, se tient l’audience en appel de deux jeunes Camerounais, Jonas Singa Kumie et Franky Djome, respectivement âgés de 19 et 20 ans, accusés d’avoir eu des rapports sexuels ensemble.

En novembre 2011, le tribunal de première instance d’Ekounou (Yaoundé) les avait condamnés pour ‘fait d’homosexualité’ à cinq ans de prison ferme, la peine maximale pour ce type de pratique, assortie d’une condamnation au versement d’une amende de 200 000 FCFA, soit 300 euros. Depuis 1972, l’article 347 bis du code pénal camerounais stipule qu’est punie d’un emprisonnement de six mois à cinq ans ferme et d’une amende de 20 000 à 200 000 FCFA [soit 30 à 300 euros] toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe’.

Les deux accusés séjournent en prison depuis leur arrestation fin juillet 2011, tandis qu’un troisième jeune homme, interpellé avec eux, a bénéficié d’une mesure de liberté provisoire parce qu’il a pu payer directement l’amende. Pour rappel, les trois hommes avaient été surpris alors qu’ils avaient des rapports sexuels à bord d’un véhicule sur la voie publique dans le quartier d’Essos à Yaoundé, dans la nuit du 26 au 27 juillet 2011.

DES CONDITIONS DE DÉTENTION SORDIDES

Le jugement est considéré comme particulièrement sévère par leur défense, qui estime que la décision a été ‘bâclée’. ‘La faute à l’acharnement d’un juge homophobe qui avait pris plaisir à s’attarder sur le détails des attouchements que les accusés pratiquaient, les perruques qu’ils portaient, et le Baileys qu’ils consommaient, une boisson jugée féminine’, déclare Saskia Ditisheim, présidente d’Avocats sans frontières Suisse (ASF), dont la mission est de couvrir chaque procès pour crime d’homosexualité au Cameroun. La décision est (…) Lire la suite sur lemonde.fr

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