Réciprocité des visas entre le SENEGAL et la FRANCE

pétition contre les refus de visas de l'ambassade de france

Photo d’un visa français

Après trois siècles de colonisation, l’exploitation acharnée et démesurée des richesses et ressources naturelles de l’Afrique, le morcellement et la balkanisation du continent noir qui a engendré les guerres civiles, tribales et inter-ethniques, après nous avoir imposé les politiques d’ajustement structurel source de tous les maux que l’Afrique connait aujourd’hui, nous serions tenté de nous poser la question suivante : « Est-il normal que les Français entrent chez nous comme ils veulent et nous imposent en revanche des visas pour mettre les pieds chez eux ? ». Et comment ?

Avec des conditions d’accueil humiliantes dans les consulats occidentaux établis chez nous. Aucun refus n’est motivé (Rappel : Adopté par l’Assemblée nationale le 8 avril 1998, le projet de loi Chevènement sur l’immigration oblige dorénavant les consulats à motiver les refus). Et nul n’est épargné : Cadres devant aller en mission (cas du Pr SANKHARE), Cas de malades Graves devant être évacués pour des soins appropriés (cas de l’enfant Mouhamed MBAYE décédé à cause de la non délivrance d’un visas par la France), Etudiants admis dans les universités occidentales, Artistes engagés pour une prestation (exemple de Thione SECK), commerçants et autres hommes d’affaires. La liste est loin d’être exhaustive. En cas de nous délivrance des visas alors les frais de dossier de 50 000FCFA demandés aux étudiants doivent être remboursés autrement c’est du vol, et ces derniers doivent porter plainte contre le consulat français.

Ambassade de France à Dakar- Rue Assane Ndoye

Photo de l’ambassade de France à Dakar

C’est pourquoi nous « Mouvement Conscience Citoyenne Guëm Sa Boop » pensons que l’heure est venue d’appliquer la réciprocité des visas entre la SENEGAL ET LA FRANCE ! Par ce principe, nous pensons apporter un élément dynamique dans le faisceau des relations d’interdépendance et non de dépendance entre les Etats souverains qui se partagent la planète. Des relations de cette nature doivent de toute évidence être gouvernées par les principes fondamentaux de souveraineté et de dignité même s’il est évident que le visa est un titre essentiel dans le commerce entre Etats souverains. Il faut, par conséquent, admettre que la pratique de l’unilatéralisme dans la délivrance des visas comme condition pour les Sénégalais d’entrer en France est une rupture de l’équilibre tant du point de vue de la dignité que de la souveraineté entre Etats. L’histoire ne nous laissera point la liberté de ne pas admettre que le Peuple Sénégalais a toujours résolument ouvert ses poumons à l’air de la Liberté et son âme au devoir de ces sacrifices qui ont fait de la France ce qu’elle est aujourd’hui. Nous rappelons à la France que n’eu été le courage et l’abnégation des tirailleurs Sénégalais la France serait Allemande aujourd’hui. A ceux-là qui se sont battu pour la mère patrie il ne fallait pas avoir un visa pour être embarqué dans les bateaux en partance pour les côtes Française.

 La liberté de se mouvoir sans contrainte à travers la terre est un élément positif d’appréciation de la réalité de la liberté des Citoyens du Monde. Par conséquent, ce droit fondamental qu’est la liberté de circuler dans le monde entier ne doit en aucun cas être entravé au nom d’une certaine préoccupation sécuritaire d’ordre intérieur des citoyens d’un Etat quelconque. Surtout quand ces derniers bénéficient d’une licence de visiter et parfois même d’occuper un territoire que le Dieu de la Nature et les lois de la Nature leur auraient refusée. La confiance doit être de mise, et, par conséquent, toutes les mesures de sauvegarde dans ce domaine doivent être administrées dans la réciprocité. C’est pourquoi nous étudiants du « Mouvement Conscience Citoyenne Guëm Sa Boop », interpellons le Chef de l’Etat Sénégalais SE M. MACKY SALL (lui qui est né après les indépendances) à s’affranchir de ce complexe qui a longtemps gangréné la vision diplomatique de ses prédécesseurs.

Nous l’appelons à intégrer le concept du « Gëm sa Bopp » dans son approche diplomatique en mettant en application la réciprocité des visas entre la FRANCE et SENEGAL. A terme, la défense et l’application de cette règle élémentaire de diplomatie, permettra de laver l’honneur de toutes ces victimes d’acte de petitesse de la part des représentations diplomatiques de la France, mais aussi et surtout d’honorer la mémoire d’individus tels que l’enfant Mouhamed MBAYE qui ont perdu la vie à cause de toutes ces embuches que le consulat met sur notre chemin an cas de demande de visas.

Thierno Alia MBENGUE Coordonnateur national du collectif des Etudiants

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